Algérie Yennayer

En Algérie, c’est la première fois cette année qu’on fête officiellement Yennayer, le nouvel an berbère. Pourtant, il y a quelques années, quand le président Bouteflika pouvait encore parler, il avait pratiquement juré de ne jamais officialiser Yennayer. Que s’est-il passé entre-temps ? Personne n’arrive à comprendre. En Algérie, il est difficile de suivre comment se font et se défont les relations en haut lieu…

Tous les foyers s’achètent en cette période de quoi contenter tout le monde (Ph. Mekfouldji)

 

Dernière trouvaille parmi les incohérences que connait le pays (rappelée par Chawki Amari, billettiste pour le quotidien algérien « El Watan ») : les élections pour les communes et les départements, ont permis d’assister à un nivellement par le bas pour les élus !

Des médecins dépassés par de simples employés, des ingénieurs qui n’arrivent pas
à rivaliser avec des candidats du cycle primaire, des enseignants qui se font
« rouler » par des chauffards, des veilleurs de nuit, des concierges… Seule
explication : les « heureux » élus appartiennent au parti au pouvoir (ou parti du
pouvoir), le FLN, celui-là même qui aurait dû entrer au musée en 1962, dès
l’indépendance.
Aujourd’hui, le résultat des élections locales fait que nombre de non-diplômés se
retrouvent dans les centres de décision. Blida, 4ème ville d’Algérie par le nombre
d’habitants et par la densité de sa population, est dirigée par un maire inculte, un

homme qui appartenait à un autre parti politique mais qui a étonnement rejoint le
FNL et… qui a été élu !

 

Blida, ville paisible, sujette aux rapaces… (Ph. Mekfouldji)

 

Les « décideurs » lui ont promis une grande ville et un bel avenir « familial ». Mais à qui reviendront les centaines d’hectares de terres agricoles, les terrains dans les zones industrielles existantes ou à créer, comme par exemple dans les environs de Bouinan (une future grande ville qui se situera à 10 km de Blida et qui sera desservie par l’autoroute, ainsi que par une voie ferrée à venir) ? Aux décideurs ?

 

Blida se développe vite (Ph. Mekfouldji)

 

Même étonnement au niveau économique : la fameuse Fédération des Chefs d’Entreprise (FCE) regorge de « copains » qui se voient attribuer toutes les autorisations pour les constructions automobiles et les industries, par le moyen de coopérations décidées par des ministères… dont certains ont à leurs têtes des nondiplômés ou titulaires de « diplômes de complaisance ». C’est par exemple le cas de Tahar Khaoua, ministre chargé des Relations avec le Parlement, dont le diplôme vient d’être annulé par le Tribunal de Bir Mourad Raïs et, comme l’écrit si bien le billettiste d’El Watan, « un député sans diplôme est mis en relation avec un ministre sans diplôme par un autre ministre avec un faux diplôme ». Une autre ministre, ou du moins ex- ministre de la Solidarité, Mounia Meslem, vient d’être également épinglée pour « diplôme de complaisance ».

Tahar Khaoua, ministre des Relations avec le parlement, et Mounia Meslem, ex-ministre de la Solidarité sociale, ont été déchus de leur diplômes de master à la faculté de droit de l’Université d’Alger 1. (Crédit Ph.  |  Par , 13/12/2017)

 

Comment arrive-t-on à s’en débrouiller ? Quelle est la valeur de ces diplômes à l’achat ? En échange de quoi sont délivrés ces « sésames » ? Même l’Université algérienne bat de l’aile et on nous annonce un chaos prochain, avec toutes les augmentations auxquelles le simple citoyen doit faire face… Yennayer ne s’annonce donc pas de façon optimiste pour les 42 millions d’Algériens !

http://www.elwatan.com/chroniques/pointzero/la-crise-expliquee-par-le-diplome-28-12-2017-359494_173.php

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