Une fondation pour l’Histoire de Blida

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28 décembre 2019

Une fondation pour l’Histoire de Blida

« Patience ! Avec le temps, l’herbe devient du lait. »

Proverbe chinois

Samedi 28 décembre. Temps printanier à Blida ! Les bénévoles travaillant sur l’Histoire de Blida arrivaient les uns après les autres au Clean Hôtel, un hôtel de création récente, coquet, bien situé au centre-ville de Blida tout en restant à l’écart de la grande circulation de voitures et des deux vélos motorisés faisant la réputation des artères de la ville à travers toute l’Algérie. Il faut dire que la cinquième ville du pays de par le nombre de sa population -plus de 300.000 habitants- et du flux incessant des visiteurs d’un jour sans évoquer le statut quelque peu fondé d’une ville-garnison assurant les arrières de la capitale Alger.

Cour d’une grande maison à Blida. Ph. Mekfouldji

Justement, cette dernière fonction qu’on lui reconnaît presque confidentiellement, laisse arriver des milliers de familles s’installant pour au moins quatre années dans les cités de la ville situées juste au périphérique et faisant la joie des commerçants, notamment à Zabana et Bab D’zaier.

Blida devenue un grand centre urbain. Ph. Mekfouldji

La rencontre de ce samedi se voulait une mise au point avant la seconde grande rencontre ouverte au public et prévue dans une quinzaine de jours. La période précédant la colonisation française et, plus précisément, l’arrivée des Ottomans à Blida, a été expliquée dans ses grandes lignes par Mr Hasni, revenant jusqu’à l’origine des Senhadja, provenant du Sénégal pour certains et de citer la Smala d’Abdelkader, les Zénètes avec leurs chameaux, les Berbères comme cavaliers, en ayant la précaution de citer des chercheurs, des historiens, des soldats comme références et notamment le premier d’entre eux, c’est-à-dire Ibn Khaldoun.

Mr Hasni défendant sa thèse. Ph. Mekfouldji

Cette ville chantée par nombre de troubadours et d’artistes manque cependant d’une Histoire à léguer aux futures générations, une Histoire qui réconcilie les autochtones avec leur ville, une trace qui apporterait une confiance et une sérénité aux nombreux Blidéens reprochant déjà nombre de manques aux « lettrés » natifs de la ville ou tout simplement amoureux de cette dernière.

Mr Rebbache emboîtera le pas au premier intervenant afin d’assurer la charnière avec la présence ottomane dans la capitale de la Mitidja. Il évoqua les grandes lignes à travers les mutations subies à cause des guerres, l’utilisation des tribus Makhzen, berbères et arabes, sur place pour la collecte des impôts et expliquera quelque peu l’émigration vers le Nord des tribus arabes et zénètes par la misère, la sécheresse, les calamités, les luttes intestines et inter-tribales sans oublier le rôle prédateur -razzia, rapines- de ces mêmes tribus.

Rebbache (à gauche) se spécialise dans la présence ottomane à Blida. Ph. Mekfouldji

Mr Lourdjane entamera son intervention sur une trace de civilisation et d’industrie aux X° et XI° siècles, surtout à Khazrouna, à l’entrée actuelle de la ville de Blida. Une cité qui fut productrice de lin, de blé expliqués par les nombreux moulins existant à l’époque le long de l’oued Beni Azza.

Mr Lourdjane, revenu récemment de Turquie. Ph. Mekfouldji

Mr Bendifallah, membre du groupe, demanda l’autorisation de partir non sans avoir obtenu l’autorisation d’inclure un chapitre sur les activités sportives dans la région, lui-même ayant été champion d’Afrique en lancer de disque et de marteau, et exercé sa force en basket ball et en hand ball.

Mr Bendifallah. Ph. Mekfouldji

Mr Foufa, présent avec son épouse, universitaire et spécialisée dans l’histoire de l’architecture, insista, tout autant qu’elle, sur la nécessité de citer les références sur tout ce qui peut être trouvé sur l’Histoire de la ville. À titre d’exemple, la date de la création de la ville de Blida remonterait à 1519-1521 et non en 1534. Des détails seront présentés lors de la plénière de la mi-janvier.

Mr Foufa quelque peu soucieux. Ph. Mekfouldji

Mr Redouane Malek, responsable du panel, met fin à la rencontre plus de trois heures après son début, en annonçant que la Fondation Sidi Kebir verra bientôt le jour et que toutes les démarches auront alors un cachet officiel, avec l’espoir d’une domiciliation de la dite fondation dans une ancienne maison du centre historique de la ville.

Mr Malek et sa gestuelle devenue légendaire. Ph. Mekfouldji

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