Rituel de l’Aïd

Difficile pour un non-musulman de comprendre l’esprit de sacrifice entourant la fête de l’Aïd Adha (sacrifice). Dans son essence même, le terme « sacrifice » implique un effort que doit accomplir tout musulman. Cependant, vivre au XXI°siècle suppose l’actualisation des rites et des devoirs religieux. C’est pourquoi, les partisans de la modernisation de la religion butent sur l’implacable conviction de la majorité qui veut que « rien ne bouge » et qui voudrait même revenir aux applications intégrales de ce qui se pratiquait du temps du Prophète (cf ce qui se passe dans la région du Moyen-Orient contrôlée par l’Etat islamique. Des exégètes religieux et des savants « tentent » d’évoquer un sacrifice plus en adéquation avec les années 2000 : faire un don en espèces ou en nature pour les millions de pauvres à travers le monde, sans spécification de la religion du démuni.

Y a-t-il obligation d'égorger un mouton ?

Y a-t-il obligation d’égorger un mouton ?

En attendant cette réalisation quasi utopique, il est malheureusement constaté profusion de « violence » à travers tout ce sang écoulé en un jour, ces moutons qu’on passe au couteau, sous le regard des enfants la plupart du temps. En Algérie, il n’est nul besoin d’aller à l’abattoir, un lieu sûr, puisque toutes les familles égorgent leurs moutons chez soi et qui va alors contrôler la santé du mouton sacrifié ? Les grandes cités urbaines ne bénéficient point d’un lieu collectif pour l’abattage et chacun de se proclamer « égorgeur » au nom d’Allah ! Les parties viscérales impropres à la consommation sont enterrées sans aucune précaution, à la portée des chiens et chats errants. Les peaux de moutons sont accrochées aux branches d’arbres, le mouton lui-même demeure accroché jusqu’au soir afin de se vider complètement de son sang. Nul n’est à l’abri d’une maladie. L’Etat est absent, tout occupé à gérer ses intérêts propres et la débrouillardise règne en maîtresse des lieux.

Veille de sacrifice, moutons mal parqués

Veille de sacrifice, moutons mal parqués

Beaucoup de jeunes, notamment dans le milieu universitaire, pensent sérieusement à tenter de faire changer les choses en axant la fête de l’Aïd non pas sur le sacrifice du mouton mais sur le temps de prière, de bénédiction et orienter la masse financière vers plus de scolarisation des enfants, plus de confort chez soi, plus de santé préventive. L’obligation religieuse sera donc compensée à travers des actes qui pourraient s’étaler sur l’année. Même le cheptel ovin national pourrait être sauvegardé puisque l’envolée des prix en cette période de l’année n’a pas de limites, dans … un pays musulman.canards

Blida, ville de plus de 200 000 habitants, ne dispose que d’un seul abattoir situé à 14 km du chef-lieu ! Il est temps que les pouvoirs publics se penchent également sur cette question en réalisant des structures légères pour pallier à toute conséquence fâcheuse en ces jours de relâche. Et si on se mettait à sacrifier d’autres animaux, de la volaille par exemple ? Le cheptel algérien en sortirait gagnant !

3 comments on “Rituel de l’Aïd

  1. Bonjour à toi Ammelfou! Je suis trés fière de voir que je ne suis plus la seule Mondoblogueuse algérienne sur cette plateforme. Bravo pour tous ces premiers articles notamment sur la ville de Blida, ville des roses qui commence quelque peu à fanner. Bonne continuation !

  2. Un peu de Blidda et d’Aïd me font du bien. Je ne suis pourtant pas musulman. La thématique de l’abattage du mouton à la maison rappelle à quel point cette pratique du sacrifice traditionnelle est appelée à évoluer. Elle est appelée à évoluer au nom de la réorganisation architecturale qui caractérise les grandes villes en gestation; comme Blidda. (désolé que je l’écrive avec deux « d », ça m’est resté à l’école parce que dans l’histoire du roi Béhanzin je suis togolais, voisin du Bénin où a vécu ce roi), il a été déporté durant la guerre coloniale à à Blidda où il mourut. En France, on taxait (et je ne dis pas ça pour être péjoratif) un peu la communauté maghrébine de sacrifier le mouton dans la baignoire, durant l’Aïd, histoire d’éviter le déplacement sur zone d’abattage. Il faudra s’y plier hélas, à un moment ou à un autre et confier le mouton à partager le jour de fête, à l’abattage peut-être professionnel?

    • J’aurai à évoquer le séjour du roi Béhanzin à Blida (un seul « d » pour nous autres blidéens) avec des photos de sa résidence.
      Pour le sacrifice rituel de l’Aïd, c’est vrai que l’Algérie, gouvernants et gouvernés, n’ont pas le courage d’enfourcher le cheval des temps modernes.

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