Chantal Lefèvre s’est éteinte; Blida pleure une grande dame

Chantal Lefèvre a quitté ce monde samedi 17 octobre 2015 ! Paix à son âme. A la tête de la plus vieille imprimerie d’Algérie, elle est décédée à 70 ans des suites d’une courte maladie.

Travailleuse acharnée, elle a rempli sa vie

Travailleuse acharnée, elle a rempli sa vie

Travailleuse acharnée, elle a rempli sa vie.Elle a été de toutes les manifestations littéraires qui apportaient un brin de soleil dans le ciel nuageux de Blida et de ses environs. Elle avait su, par sa simplicité, rendre un peu d’espoir à l’animation culturelle dans cette ville où elle était revenue il y a un peu plus de vingt ans, en pleine crise de devenir du pays. Elle a bravé les dangers, tous les dangers : européenne, chrétienne, étrangère, mais solidement bâtie pour conquérir les coeurs ! Elle disait : « Il n’y a qu’une seule mort, autant nous rendre utiles. » Et elle était utile !

Elle faisait vivre près de 60 familles en emploi direct

Elle faisait vivre près de 60 familles en emploi direct

Elle a repris l’activité de l’imprimerie Mauguin, entreprise familiale, au centre de la ville de Blida, publiant et éditant des centaines d’ouvrages, encourageant les jeunes auteurs et, surtout, les éditions qui démarraient, telle « Barzakh. A l’intérieur de sa librairie, avant qu’elle ne la ferme pour ne laisser place qu’à l’imprimerie, « Les Causeries du jeudi » permettaient à un public se recherchant de se cramponner à ce roseau arrosé par nombre d’auteurs et spécialistes de la littérature et du théâtre. Le premier d’entre eux sera Habib Ayyoub, avec « Le Gardien » aux éditions Barzakh puis Boudjedra avec « Cinq fragments du désert. C’était le dernier jour du mois de février de l’année 2002 et Chantal avait accompli l’impossible afin que l’auteur se retrouve dans cette ville où il avait enseigné durant une année en 1967. « La littérature algérienne », essai de Christiane Chaulet Achour sur les auteures algériennes avait été présenté comme celui de la marraine de ces femmes telles Malika Allal, Ghania Hammadou, Maïssa Bey à ses débuts. Au fil des mois et des quatre années, c’était un défilé incessant chaque semaine. Il y avait même de la musique avec Farid Khodja et le chantre berbère Aït Menguellet.
Aït Menguellet

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Il y avait aussi Denis Martinez pour le dessin et l’expression multiforme; François Chavanes en 2005 pour son essai « Camus tel qu’en lui-même » aux éditions du Tell. Christiane Chaulet Achour reviendra souvent, notamment avec Amina Azza Bekkat et Maïssa Bey ainsi que tant d’autres qui venaient à Blida, notamment Habib Ayyoub pour « Le Gardien », éditions Barzakh. Dernière venue connue était la moudjahida (maquisarde) Annie Steiner.
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De nombreuses personnes venaient à Blida ce qui créait une ambiance de constant renouvellement au contact de cette dame. Elle laisse à Blida, à l’Algérie et au monde de la culture un important héritage. Chantal Lefèvre nous a quittés, mais elle restera vivante dans nos coeurs.

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