Abdelkrim Mekfouldji

Blida se cherche

Depuis quelques mois, Blida se cherche et se recherche une nouvelle destinée ! A moins qu’on veuille lui redonner son lustre d’antan… Mais quels sont les mobiles pour mobiliser des gens peu amènes, que le plus humble des citoyens reconnait comme homme d’affaires peu honnêtes et dont les origines de leurs récentes richesses laissent perplexes ?

          Stèle en re-construction à Blida

Le pays a vécu une décennie noire, la dernière avant le XXI°siècle. En cette période où nombre d’intellectuels avaient trouvé la mort, une mort violente, des richesses se montraient au grand jour, issues du néant… Des entreprises étatiques florissantes fermaient les unes après les autres et les murs, par un tour de magie, appartenaient désormais à des « hommes d’affaires », parfois incultes, mais qui savaient reposer sur des épaules et des casquettes possédant le Pouvoir. Des intellectuels tombaient, comme par hasard, les gens de la Plume étaient majoritaires : Tahar Djaout, Laâdi Flici, Saïd Mekbel, Mustapha Abada, Smaïl Yefsah, Mahfoud Boucebci, Abdelmadjid Yacef, Youcef Sebti, Abdelkader Alloula, Pr Belkhenchir, Djillali Lyabès, Asselah père et son fils, Rabah Stanbouli et tant d’autres, amenant ainsi la question non pas de : « Qui tue qui ? » mais « pourquoi ces gens-là ? » Saïd Mekbel, journaliste et chroniqueur, avait déclaré que le choix de ces médecins et de ces journalistes obéissait à un seul mot d’ordre : « Ils se ressemblent ». Ce curieux phénomène avait amené l’Etat, un peu tardivement, à domicilier les journalistes dans un « bunker ».

   Saïd Mekbel

Aujourd’hui que l’argument sécuritaire est quelque peu oublié, le pays vivant dans une relative quiétude, revenant d’années plus que ténébreuses, on constate que la jeunesse du XXI°siècle, la génération n’ayant pas vécu les affres d’une période lugubre, ignore jusqu’au sens du terme « république », l’école ne lui apprenant rien ! Le jeune aujourd’hui se défonce dans l’alcool, quelque peu, la drogue, surtout et évacue ainsi tout ce qui peut le ramener à la réalité quotidienne.

                   Blida se veut ville propre

A Blida, les collégiens et lycéens, tout comme les étudiants, brillent par leur analphabétisme, courant derrière le diplôme, lequel n’est point une preuve d’un Savoir acquis mais une assurance pour un éventuel emploi qu’ils n’honoreront point.La contestation tourne surtout autour du transport, de la bouffe, de la réduction des emplois du temps ! Aucune protestation pour plus de connaissances, de disponibilité de livres et documentation. Lors de recrutement de personnel, les entreprises et les administrations se plaignent du niveau zéro des connaissances. « On me ramène des jeunes collés à leurs smartphones, incapables de rédiger une seule phrase correcte » s’écrie un jeune chef d’entreprise formé en Europe et revenu au pays.

  Quel devenir pour ces jeunes ?

Dernièrement, l’écrivain et universitaire Amine Zaoui, en conférence dans un établissement privé de Blida, le lycée En Nadjah, en face d’élèves de classes terminale, déclara à la fin : « la pâte existe ! » Il n’a point constaté un niveau dans les échanges mais s’est montré pédagogue en tablant sur l’avenir. En attendant, la ville fleurit artificiellement grâce aux bons soins du préfet de la région, le wali, qui sollicite le secteur privé pour embellir davantage la ville. « Il aurait pu les faire intervenir pour trouver de l’emploi aux jeunes, pour créer des bibliothèques, des musées, des maisons de jeunes » dira un vieil habitant de la ville.

Le cheval avance au pas, lui qui est fait pour les grandes courses ! Ses sabots foulent le bitume alors que la terre est sa prédilection.

   Style policiers canadiens ou fanfaronnade ?

Encore une contradiction dans cette ville qui demeure fort sympathique !


Amin Zaoui dans un lycée

Il est enfin venu à Blida !

Promesse tenue ! Zaoui à Blida
        Promesse tenue ! Zaoui à Blida

Le romancier en vogue en Algérie, Amin Zaoui, a pu trouver une après-midi afin de satisfaire la demande de jeunes lycéens de classe de Terminales à Blida pour venir échanger avec eux, débattre de multiples sujets et offrir une séance dédicace à la fin. L’auteur, invité par l’administration de l’établissement privé En Nadjah, s’était vite trouvé à l’aise pour étaler une biographie assez riche et orienter le débat, en homme malin, sur les choix idéologiques de ces jeunes qui, au même titre que tous les jeunes en Algérie, ne savent plus à quel(s) saint(s) se vouer. Amin Zaoui dans un lycée, lui qui est habitué des salons littéraires, des universités, des colloques ! « J’ai été subjugué par cette jeunesse » dira-t-il à la fin.

Zaoui reçu au lycée avec des dattes
        Zaoui reçu au lycée avec des dattes

Amin Zaoui, ancien directeur de la Bibliothèque Nationale durant toute une décennie et évincé pour une sombre affaire de visa d’édition accordé en 2004 à Mohamed Benchicou pour son livre dénigrant le président algérien, « Bouteflika,une imposture algérienne », a toujours mis la littérature comme réponse à toute situation. « Festin de mensonges », « Le sommeil du mimosa », « La chambre de la vierge impure », « Le dernier Juif de Tamentit », lui gagnent à chaque fois des milliers de lectrices et lecteurs, des tous jeunes aux retraités et qui le rassurent, à ce qu’il disait déjà en 2013 : « Cela me rassure sur l’existence d’une demande de lecture ».

Les bibliothèques communales et d'établissements scolaires doivent pallier les prix prohibitifs
      Les bibliothèques communales et d’établissements scolaires doivent pallier les prix prohibitifs

Cependant, les prix prohibitifs ou hors d’atteinte des bourses moyennes limitent ce nombre. Cela implique tout simplement l’urgence de l’ouverture de bibliothèques en nombre suffisant dans les communes et les écoles. Amin Zaoui dans un lycée : c’est un appel à tous les auteurs pour qu’ils envahissent ces espaces afin de redonner goût à la lecture, imposer le livre aux côtés des smartphones et autres jeux vidéos !

Les romans de l’auteur invoquent beaucoup le premier cercle familial ; Amin Zaoui évoquera devant les jeunes lycéens la mère qui n’avait jamais cessé de lui raconter des histoires, le berçant tout aussi bien que la tante et le père, jusqu’à lui inculquer cet amour pour la lecture, le voyage, l’évasion par les mots. « J’avais toujours les meilleures notes en rédaction, que ce soit en français ou en arabe » écrira-t-il dans « Festin de mensonges », paru chez Fayard en 2007 et traduit en anglais, en italien, en serbe. Il faut dire que Amin Zaoui est un parfait bilingue, étant à l’aise aussi bien en français qu’en arabe et un de ses livres en langue arabe, Le Hennissement du corps, était toujours interdit de diffusion  en 1985 pendant que « Le huitième ciel » avait été brûlé par les intégristes.

Encourager la lecture par tous les moyens
      Encourager la lecture par tous les moyens

En 1995, il avait trouvé refuge en France après avoir été menacé de mort. En 2000, il sera nommé directeur de la Bibliothèque Nationale et ce poste ne l’empêchera point de poursuivre ses publications et donner un véritable élan à la BN avec tout un cycle de conférences et de manifestations diverses qui déplairont à la classe politique régnante. Le coup fatal vint également de la conférence donnée par le poète syrien Adonis, son ami.

Un incendie au paradis, dernier ouvrage
     Un incendie au paradis, dernier ouvrage

Son dernier ouvrage, paru en 2016 aux éditions Tafat, « Un Incendie au paradis », évoque les femmes -sujet de prédilection de Zaoui-, les religions et les cultures. « La vie a besoin d’utopie pour souffler le sens du rêve dans les jours et dans les mots » assure celui qui maintient une chronique hebdomadaire, « Souffles », dans le quotidien francophone « Liberté  » où il donne rendez-vous à ses admiratrices et admirateurs pour les entretenir sur la société et le monde qui l’entoure, un monde en plein s changements.

Un public très attentif
                  Un public très attentif

Les lycéennes de l’établissement de Blida se sont données à coeur joie pour l’interroger sur ses sujets d’écriture, ses engagements, son style d’écriture et l’auteur s’était dit à l’issue très heureux d’avoir pu vivre ces instants avec cette jeunesse scolaire, la première qu’il eut en face de lui en Algérie.


Farid Khodja et le r’beb

Artiste interprète de musique arabo-andalouse, Farid Khodja et le r’beb ne peuvent être dissociés. Cet instrument de musique, le r’beb, hérité de son regretté oncle Mohamed, l’accompagne partout. Le maître est connu à Blida et ailleurs en Algérie et sur certaines places au Maroc, en France et en Espagne avec son r’beb même s’il joue également du piano et du violon. Son 5ème CD, NARANJE, sort dans les bacs ces jours-ci.

Une jaquette signée Denis Martinez

Perfectionniste à souhait, Farid Khodja fait appel à l’artiste blidéen Denis Martinez, pour la conception de la jaquette.

Denis Martinez artiste peintre
Denis Martinez artiste peintre

Ce dernier accomplira son travail avec amour, à travers les signes et les points « terriblement » personnels et qui ravivent un passé territorial partagé avec le chanteur. A bientôt 75 ans, Denis Martinez est surtout connu maintenant pour son nomadisme entre Aix-en-Provence, Tizi Ouzou et Blida : il balise ses parcours avec ces signes qui l’exhibent également comme poète.

le Maâlem Bahaz, Benayachi, Martinez : troubadours aussi
le Maâlem Bahaz, Benayachi, Martinez :                                    troubadours aussi

Avec Farid Khodja, des jours et des semaines, des nuits et des doutes ont donné ce produit unique, fierté des deux !

Khodja et son r'beb
Khodja et son r’beb

Un fond rouge, orange sanguine (?) rempli de signes, encadre l’image d’un arbre porteur d’oranges, marqué dans son centre par une sorte d’estampille de l’artiste Martinez, le terme « Naranje » en langue arabe, sur fond noir à l’intérieur d’un cercle de signes –encore !- et le nom du chanteur en arabe et en français ainsi que le titre au bas de la jaquette. Œuvre artistique en elle-même, la jaquette attire d’emblée la curiosité.

Jaquette du CD Naranje
Jaquette du CD Naranje

Une première avec l’accordéon

Les 16 morceaux interprétés –avec des titres écrits en arabe au dos de la jaquette, sont dirigés pour l’orchestre par l’éminent Abdelhadi Boukoura et, nouveauté, un nouvel instrument voit son apparition, l’accordéon, joué par Margarita Doulache, une artiste bien connue maintenant du cercle des mélomanes en Algérie puisqu’elle multiplie les passages dans les festivals, les concerts, les soirées estivales.

Un livret accompagne le CD

Autre nouveauté, Farid khodja a voulu faire les choses en grand en innovant à travers l’accompagnement du CD par un livret d’une vingtaine de pages où on pourra lire une intervention de Abdelhadi Boukoura (auteur du texte sur Blida), une intervention de maître Mansour Kissanti qui évoque ses souvenirs de la ville de Blida, Denis Martinez qui parlera notamment de son travail sur la jaquette et des photos illustrant plusieurs passages de Farid Khodja et le r’beb dans les concerts et festivals.

Pourquoi « Naranje » ?

L’explication du titre figurerait comme une légende à se raconter dans les nuits parfumées de quelques jardins de la Mitidja, la vaste région dont Blida demeure la capitale.

Le bigaradier toujours présent à Blida
Le bigaradier toujours présent à                                  Blida

Ainsi, Naranje (mot arabe du bigaradier) est un agrume auquel est collé une superstition datant du Moyen-âge en terre d’Andalousie. Le bigaradier a connu une fin tragique et rapide en même temps, d’où la superstition de ne point en planter parce qu’il fut témoin de la chute de Grenade. Son statut d’arbuste d’ornement deviendra à Blida où il fut ramené par les Maures revenus d’Espagne, le symbole de la résistance ! « Il est là depuis longtemps, resté le seul à témoigner d’un certain raffinement des familles blidéennes. »

Les fleurs inséparables de Khodja
Les fleurs inséparables de Khodja

Effectivement, et selon l’artiste, tout le patrimoine matériel et immatériel de la ville des roses a disparu sous les coups de boutoir  d’un urbanisme sauvage. « C’est comme si le bigaradier, de larges avenues en sont toujours plantées sur les côtés, est témoin de cette volonté de faire table rase de notre histoire, d’effacer toutes les traces reliant les natifs de Blida à leur passé. »

Khodja durant un récital
Khodja durant un récital

Enfin, l’artiste accuse ces irresponsables à différents niveaux de l’administration qui, sous l’argument du bannissement des séquelles du colonialisme, ôtent différents symboles de la ville.

Les escaliers, droudj, de la Casbah de Blida
Les escaliers, droudj, de la Casbah de Blida

Signification de « Naranje »

La première syllabe de « naranje », nar, signifie en arabe le « feu » , l’ « enfer ». « On veut faire de nous des « apatrides » dans notre propre ville ! Chanter devient alors une résistance, un engagement ». Serait-ce alors un ange en enfer ? nar-ange s’appliquerait-il à Farid Khodja et le r’beb ? Surtout que l’origine de l’agrume est persane, sanskrit et arabe.

Etal de marché à Blida
Etal de marché à Blida

Le r’beb

Un instrument racé (rebab, r’bab, rabab), rustique et ancien, fait d’une seule pièce de résonance et de boyau d’animal, demeure rare dans les associations de musique andalouse. Il est surtout connu en Iran (Perse) et se joue de l’Indonésie jusqu’au Maroc.

R'beb
R’beb

A 52 ans, l’artiste promet encore davantage de CD et de récitals pour perpétuer un genre où les influences étrangères ainsi que les « escapades sonores » enrichiront son palmarès fait également d’apparitions dans certains films et documentaires.


Fraternité vous avez dit

Je suis l’aîné des garçons de la famille Mekfouldji Mohamed, une famille où la « fraternité vous avez dit » est de mise aux yeux des gens et je viens d’être accusé d’abus de consommation de courant électrique dans la demeure de nos parents juste après avoir installé mon propre compteur de consommation électrique.

Doyen d'une fratrie...aussi
Doyen d’une fratrie…aussi

Accusation gratuite

L’installation a été opérée par un électricien confirmé depuis moins d’une année. Auparavant, au temps du compteur en commun, j’avais opéré des transformations dans l’appartement qui m’est alloué (un 4 pièces) depuis mon retour à Blida en 1985, en aménageant un petit bureau à la place du balcon de la chambre à coucher. L’installation eut lieu par le biais d’un beau-frère, électricien, et on vient m’annoncer par le jeune frère que j’ai « traficoté » les fils afin de pouvoir brancher mes climatiseurs dans le compteur de consommation des deux frères. Il me fut juré qu’ils étaient au courant depuis deux trimestres et qu’ils ne voulaient pas m’en parler. A mon étonnement et à mon indignation grandissante, le jeune frère m’asséna : « Je sais que tu es capable de tout ! », ne voulant guère venir vérifier par lui-même la véracité de ses accusations. Il dira qu’il avait procédé à la coupure du courant il y a deux nuits et que « mes » climatiseurs avaient cessé de fonctionner.

Au lieu de venir me le dire sur le champ et que nous vérifiions ensemble, ils me tinrent dans l’ignorance en m’accusant, devant ma petite famille et devant mes neveux et nièces, mes belles-sœurs et d’autres voisins le roublard, le bandit, moi « capable de tout » ! Fraternité vous avez dit !

Jardin autour de la propriété familiale
Jardin autour de la propriété familiale

Droits spoliés

Depuis le décès de notre père en 2002 et, avant, de ma mère, en 1993, je n’ai jamais demandé un droit. Tout le palier du rez-de-chaussée est occupé par le jeune frère, seul avec sa petite famille. La cave est occupée à plus des trois quarts par les deux frères, pour diverses activités et on dit que « je suis capable de tout » ! Aucun partage n’a été opéré, fraternité oblige, et j’ai installé l’eau, l’électricité et le gaz pour moi-même afin d’être tranquille, sur mes propres deniers et on vient me dire aujourd’hui que « je suis capable de tout ». Le local à usage commercial que je visais a été « subtilisé » par le jeune frère qui avait instauré le tutorat au nom de toute la fratrie dès le décès du père.

Magasin au centre de la ville de Blida
Magasin au centre de la ville de Blida

Ainsi, nous n’avons vu que du feu et le magasin attenant (une librairie), ouvert du vivant de mon père, sera fermé, par dégoût, surtout que je venais de perdre un garçon de 17 ans, atteint de cancer. Depuis le temps que je parlais, gentiment, du partage, on me rétorquait que les papiers de la propriété n’étaient pas encore en règle. Ce n’est que ce jour, 28 septembre 2016, qu’on me dit que la procédure est en cours et que le jeune frère a payé 30.000 DA de sa poche. Tous les frais doivent être partagés, je n’ai pas besoin, personnellement, d’aumône.

En somme, l’installation du chauffage, de l’électricité, de l’eau et toute la robinetterie m’avaient coûté plus de 45 millions de centimes ! L’aménagement du petit bureau à la place du balcon et l’installation de l’équipement m’étaient revenus à dix millions de centimes. Ayant la dalle au dessus, je dus faire face, dans cette propriété commune aux travaux d’étanchéité, me faisant débourser une facture de six millions de centimes. 610.000 DA (~3.500 euros) au total, dépensés sans dire un moment, au nom de la fraternité.

Suis-je devenu le mouton de la famille ?
Suis-je devenu le mouton de la famille ?

Prix des liens du sang ?

Aussi, comment parler d’un climatiseur –de 9000 BTU-  branché par un beau-frère, involontairement et à mon insu, au moment où la bâche d’eau construite par le père m’avait été interdite le jour où j’ai « pompé » de l’eau parce que ma conduite était à sec depuis cinq jours ? Pouvons-nous traiter de « frères » des êtres agissant ainsi ? On me dit ce jour que je pouvais –sur le champ- prendre tout l’étage du bas, équivalant au double de la superficie du premier étage mais il fallait le dire avant ! Pas maintenant, pas après une telle dispute !

re-devenir coq comme celui du jardin ?
re-devenir coq comme celui du jardin ?

Moi qui « suis capable de tout » publie cette mise au point afin que l’hypocrisie familiale soit mise à jour. Sourire aux gens lors des rares moments où nous nous rencontrons ensemble, me pèse. J’ai même choisi de passer les fêtes de l’Aïd Adha avec les beaux-parents afin de ne pas avoir à contenir un malaise qui risquait d’exploser. « Fraternité vous avez dit » : Non ! Pas ainsi, jamais plus !

Portail de la propriété familiale : sera-t-il fermé un jour ?
Portail de la propriété familiale : sera-t-il fermé un jour ?

Moi qui « suis capable de tout », l’aîné des garçons, sourit en cette veille de l’année hégirienne, le seul à ne pas avoir encore été Hadj.


C’est la rentrée scolaire

C’est la rentrée scolaire !

En Algérie, comme dans de nombreux de pays, les écoles s’apprêtent dès ce dimanche 4 septembre à accueillir pas moins de huit (8) millions d’élèves  de différents paliers scolaires, de l’âge de 5-6 ans à 18-19 ans. Tous les troubles connus et vécus au mois de juin dernier au sujet de l’examen du bac n’ont pas désarçonné l’équipe gouvernementale et c’est pratiquement les mêmes qu’on retrouve à la rentrée, sans les changements attendus et espérés dans la consistance des programmes et de l’option de langue à adopter pour l’enseignement des matières scientifiques.

Jeunes élèves de lycée
Jeunes élèves de lycée

Peur du changement

Toutefois, il était question d’enseigner les sciences, les mathématiques et la physique en langue française, beaucoup de parents à travers des associations relayés par des partis politiques, ont préconisé l’usage de l’anglais comme langue véhiculaire, cette dernière ayant davantage le statut international. En fin de course, rien n’a bougé et c’est toujours la langue arabe qu’on retrouve pour ces matières dans les cycles moyen et secondaire ! Personne n’ayant osé imposer un choix.

Remise de prix à la fin de l'année scolaire
Remise de prix à la fin de l’année scolaire

Langues d’apprentissage

Ainsi, les nouveaux bacheliers devront encore une fois s’inscrire dans les cours de langues, notamment dans des structures privées, afin d’arriver à suivre et à comprendre les enseignants à l’université qui continuent à enseigner leurs modules en langue française. Il existe bien une structure dans certaines universités comme celle de Blida-Soumâa, où des cours intensifs de langue française sont institués mais cela demeure très insuffisant.

Me problème de culte ne se pose guère
Le problème de culte ne se pose guère

Sarah, étudiante en 6ème année de médecine, affirme qu’elle revoit ses cours avec un traducteur et qu’elle s’est inscrite durant ces vacances à des modules favorisant la communication en français afin de préparer sa soutenance. Une future avocate déclara qu’elle n’a pas eu ce problème durant son cursus parce que les cours de droit se font en langue arabe :

« Mais maintenant que je compte m’inscrire à un magister, je me dois de connaître la langue française parce que le droit algérien s’inspire énormément du droit français. »

Tous les futurs ingénieurs en aéronautique, en informatique et autres filières techniques, ne peuvent réussir leurs modules sans avoir un certain niveau d’acceptation en FLE (Français Langue Etrangère) et « ils sont rares les enseignants qui tentent de nous comprendre et de se montrer indulgents » disent des étudiants à la mine abattue.

Profs du plus ancien lycée de Blida, le lycée Ibnou Rochd
Profs du plus ancien lycée de Blida, le lycée Ibnou Rochd

Sciences islamiques, sciences politiques, histoire, droit, sociologie s’enseignent en langue arabe pendant que les diplômes s’ouvrant sur les technologies sont suivis en langue française, d’où un certain clivage arabophones/francophones à l’intérieur des universités et cela ne va point sans certains frictions qui apparaissent au grand jour dès l’approche d’élections, comme c’est le cas pour 2017 avec le renouvellement de la composante de l’assemblée nationale. Chacun affûte ses armes et c’est tout le devenir d’une population qui se joue et que les gouvernants actuels ne semblent pas saisir. La rentrée 2016-2017 s’avère être l’ultime année scolaire avant de véritables changements à même de tracer les contenus des programmes à enseigner pour l’Algérien de demain.

Blida, bastion de la scolarisation

A Blida, près de 220.000 élèves des trois cycles rejoindront les bancs scolaires, avec une moyenne de près de 35 élèves par classe, cette moyenne étant considérée comme positive par rapport à toutes les régions du pays. Combien vont réussir à obtenir le fameux bac à l’issue de leur scolarisation, surtout que des milliers d’enseignants sont partis à la retraite, remplacés par des jeunes qui manquent d’expérience et qui sont attendus au tournant

Prof à la retraite
Prof à la retraite

Un suivi serait de mise afin de disposer de chiffres révélateurs, sachant que seulement 1/6ème du chiffre global des lycéens se présentent à l’examen final, avec un taux de réussite de 48% pour l’année scolaire  qui vient de s’écouler. L’avenir se construit dès la première année de l’école primaire, si ce n’est avant !