Mohamed Ben Allel Sidi Embarek, aussi glorieux que Abdelkader ?
Et si on changeait le contenu des manuels d’histoire de l’Algérie pour la période de résistance à l’invasion française ? C’est ce qui semble être dit d’une manière très convaincante par un des descendants de Mohamed Ben Allel Sidi Embarek, Ahmed Mebarek Ben Allel, diplômé de sciences politiques et auteur du livre « La tête dans un sac de cuir » co-écrit avec Nicolas Chevassus-au-Louis, paru aux éditions du Tell en 2011 et réédité depuis. 



L’auteur du livre, dans un échange acéré, voulait mettre l’émir au second plan, « sinon comment expliquer qu’à cette époque, cet homme puisse venir lever une armée au centre du pays s’il n’y avait pas Ben Allel et son oncle ? ».
Le beau rôle est attribué à ses ascendants, sur la foi des témoignages oraux –cette fois- pour évoquer un échange –cf page 66 et suivantes- où il était proposé à Mahieddine Es-S’ghir de devenir le khalifa d’Abdelkader à partir de 1835. Cette alliance aura pour effet de combattre les tribus du Titteri qui avaient refusé l’allégeance puis d’affronter l’armée française et lui faire subir des défaites mémorables jusqu’à décider Paris à nommer de nouveau le maréchal Clauzel. Guerres entre tribus arabes, jalousies des uns et des autres avec les diverses nominations telles celle de El Berkani en 1835 puis la nomination du bey Benomar par les Français en 1836 après la prise de Médéa.
L’émir qui combattra la dissidence des Tidjani au Sud du pays avait nommé comme khalifa –son remplaçant- Ben Allel qui devait faire respecter par les siens le traité de la Tafna. L’auteur Ahmed Mebarek Ben Allel insistera sur le dilemme de Ben Allel quant à son allégeance au Pouvoir de l’émir ou sa démission. Il mourra les armes à la main après avoir accepté de rejoindre l’émir du côté de la frontière algéro-marocaine. Sa tête sera tranchée et exhibée par l’armée française afin de faire taire toute idée d’insurrection aux tribus du centre et de l’ouest du pays qui voyaient en Ben Allel leur guide et leur sauveur.
Il faudra sans doute replacer les années de combat de Ben Allel à travers le refus de la conquête française, aux côtés de l’émir Abdelkader dont le rôle est un peu « trop » mis en avant dans les manuels scolaires. M. Ahmed Mebarek Ben Allel prépare un second livre pour encore mieux faire connaître la smala des Embarek.